La méthode
Principe et lecture des images
À l’état pur, le chlorure de cuivre cristallise en amas d’aiguilles indifférenciées. En présence d’un additif, il cristallise selon un motif coordonné, spécifique de la nature et de l’origine de cet additif.
Protocole
Un extrait liquide de l’échantillon est ajouté à une solution de chlorure cuivrique. Les matières solides (feuilles, terre, fruits…) sont préalablement mises à macérer dans de l’eau purifiée stérile, puis filtrées.
Le mélange est déposé dans des coupelles de verre de 9 cm de diamètre, placées dans des cabines d’évaporation à température et hygrométrie contrôlées.
Conditions types pour un vin : 31 °C, 68 % d’humidité relative, environ 12 heures d’évaporation.
Formation de l’image
Centre — les vacuoles
Les molécules de grande dimension et certaines molécules aromatiques se regroupent et amorcent la cristallisation (nucléation). Elles dessinent des formes dites vacuolaires.
Champ médian — la texture
Les substances solubles, plus nombreuses et plus lourdes, sédimentent ensuite. Dans le vin : tanins, flavonoïdes, sucres ; acides et alcool façonnent l’aspect des cristaux.
Zone périphérique
Les molécules partiellement solubles (anthocyanes) et les substances en suspension colloïdale, notamment minérales, se déposent en dernier, en bordure de coupelle.
Lecture
La lecture d’une image prend en compte :
- la structure : répartition en centre, champ médian et zone périphérique ;
- la texture : aspect du réseau cristallin, courants principaux, longueur, épaisseur et angle d’insertion des aiguilles secondaires ;
- les signes spécifiques : cristallisations secondaires et formes particulières dans le réseau principal.
Appliquées au vin, ces observations donnent lieu à des hypothèses de lecture : l’ampleur des vacuoles est rapprochée de l’intensité aromatique, la texture du champ médian de l’équilibre et de la nature des tanins, la zone périphérique de la structure du vin et de son potentiel de garde. La lecture est comparative et s’appuie sur une base de plusieurs milliers d’images.
Origine
La méthode a été mise au point en 1929 par Ehrenfried Pfeiffer, chimiste et agronome allemand, sur les conseils de Rudolf Steiner. Elle est née de l’observation des « fleurs de givre » sur les vitres en hiver, dont la forme varie selon les substances volatiles présentes dans la vapeur d’eau.
En laboratoire, Pfeiffer constate qu’avec des sels différents et un même extrait végétal, il obtient toujours le même schéma de développement, rayonnant du centre vers la périphérie. Il y voit l’expression de « forces formatrices » propres au vivant ; la méthode a été conçue pour les étudier. Cette interprétation, issue de l’agriculture biodynamique, est distincte de la description physico-chimique de la cristallisation exposée ci-dessus.


